Une alternative à l'insuline pour soigner le diabète ?

Le mot diabète vient du grec ancien "dia-baïno", qui signifie "passer au travers". En effet, on trouve des traces de cette maladie dans des traités de l'école de médecine grecque d'Hippocrate où les médecins décrivent "que les malades étaient frappés d'une soif continuelle, et qu'ils semblaient uriner aussitôt ce qu'ils venaient de boire, comme s'ils étaient 'traversés par l'eau' sans pouvoir la retenir' [1]." Les diagnostics médicaux de l'époque sont ce qu'ils sont et un autre symptome avait été associé au diabète: dans la majorité des cas les urines étaient anormalement sucré... le médecin goutait lui-même!
Selon le type et la gravité du diabète, les conséquences peuvent être dramatiques. Cette maladie est longtemps restée incurable, jusqu'en 1922 où un jeune adolescent de Toronto est sauvé par des injections d'insuline !
 
Sir Frederick Banting, Dr Charles Best et Frederick Banting font partie des grandes personnalités médicales pour avoir découvert le traitement à l'insuline en 1922.
 
L'insuline, hormone produite dans le pancréas, est libérée dans le sang pour faire diminuer la glycémie en stockant le glucose dans les muscles, le foie et les tissus adipeux. Le diabète de type I, s'il ne représente que 10% des cas de diabètes, est mortel en quelques mois en l'absence de traitements. En effet dans ce type de maladie, le corps produit des anticorps qui détruisent ses propres cellules du pancréas : celles qui produisent l'insuline !
En l'abscence d'insuline, le taux de sucre dans le sang augmente énormément et entraine des problèmes au niveau des reins, des yeux, du coeur, des vaisseaux sanguins...
Avec le traitement à l'insuline, nous sommes passés -pour le diabète de type I- d'une maladie fatale à une maladie chronique. Cela n'est toutefois pas sans risque : la dose exacte à innoculer étant difficile à définir et il peut survenir de nombreuses complications, parfois sévères. Il est évident que des injections manuelles ne remplacent pas le fonctionnement "normal" des cellules pancréatiques.
 
Des chercheurs ont récemment mené des études sur des souris, pour tester cette fois les effets d'une autre hormone, la leptine. Appellée aussi "hormone de la faim", elle aide à réguler la masse corporelle. Elle est notamment impliquée dans la sensation de satiété et agit comme un coupe-faim.
L'idée est la suivante : pour tenter de pallier le manque d'insuline, celle-ci est injectée, chez les personnes atteinte de diabète I, pour que le glucose du sang soit stocké dans les tissus.
Avec la leptine en revanche, on cherche à éviter que du sucre et de la graisse soient à nouveau libérés dans le sang (ce qui est le rôle normal  d'une troisième hormone, le glucagon)
Dans les deux cas, on obtient une baisse de la glycémie, mais il y a nettement moins de complication avec la leptine !
 
Pour l'instant, des tests concluants ont été menés avec des souris où le traitement à la leptine seule a permis un retour à une glycémie presque "normale".
 
A l'heure actuelle, on ne sait pas encore si ce traitement va pouvoir s'appliquer à l'homme mais les recherches s'orientent vers des thérapies combinant la leptine et un peu d'insuline, pour tenter de se rapprocher au maximum de ce qui se passe naturellement dans l'organisme.
 
 
Sources :
Wang, Unger et al. Leptin therapy in insulin-deficient type I diabetes. PNAS
 
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