Comprendre le dépistage du SIDA

Comprendre le dépistage du SIDA

Introduction

 Tube de prélèvement      Globules rouges      Tablette d'analyse
 
Si vous vous êtes déjà rendu dans un laboratoire d'analyse médicale pour effectuer un dépistage, vous connaissez la musique. Un petit entretien pour évaluer une potentielle conduite à risque, une prise de sang, puis vous êtes remercié et invité à repasser dans trois jours.  
Pendant cette longue attente angoissée, voilà de quoi vous occuper ! Vous vous êtes sans doute déjà demandé ce qui arrivait à votre sang une fois prélevé : découvrez comment se déroulent les tests de dépistage...
 
Comme précisé dans les textes officiels, deux types de tests sont majoritairement pratiqués :
- pour dépister : Test Elisa
- pour confirmer, en cas d'Elisa positif : Test Western Blot
 
Lorsque les tests se révèlent positifs, on dit la personne « séropositive » pour le VIH.
Attention, le terme séropositif n'a pas toujours un lien avec le Sida ! Séropositif signifie qu'un test éffectué sur le sérum s'est révélé positif, quel que soit le produit recherché.
 
Extrait de la Circulaire DGS/DHOS/SD6A/E 2 n° 2004-371 du 2 août 2004 relative aux consultations de dépistage anonyme et gratuit(CDAG) :
Section 1
Dispositifs médicaux de diagnostic in vitrorevêtus du marquage CE
Art. 1er.
Tout laboratoire public ou privé effectuant des analyses de biologie médicale au sens de l'article L. 6211-1 du code de la santé publique, pour le dépistage des anticorps anti-VIH 1 et 2, doit analyser isolément le sérum ou le plasma de chaque individu en utilisant deux réactifs mixtes (VIH 1 et 2) différents revêtus du marquage CE, dont au moins un réactif utilisant une technique ELISA mixte.
En cas de positivité ou de discordance des résultats de ce test de dépistage, une analyse de confirmation par Western Blot ou Immuno Blot doit être réalisée à l'initiative du biologiste sur le même prélèvement.

Avant de commencer

Le sang est constitué de plusieurs éléments, séparés par centrifugeuse.
Lors des tests, ce n'est pas sur tout le sang du patient que travaille l'analyste, mais uniquement sur son sérum. Le sérum est un liquide jaunâtre obtenu en enlevant les cellules et protéines responsables de la coagulation dans le sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes, protéines de coagulation...). Le sérum contient surtout les éléments nutritifs du sang et les anticorps.

Anticorps et antigènes

- Les anticorps (Ac) : eux c'est les gentils, ils sont à nous. Ce sont des protéines qui combattent les corps étrangers (d'où leur nom d'anticorps, en abrégé "Ac"). Mais ils sont très spécialisés : ils ont été formés à ne reconnaitre qu'un seul ennemi ! Par exemple, il existe des anticorps qui ne savent que reconnaitre le VIH, le virus du Sida : on parle alors d'anticorps anti VIH ou, pour les intimes, Ac-anti-VIH.
 
 
- Les antigènes (Ag) : ce sont les fameux corps étrangers, qui sont potentiellement une menace pour notre organisme. Ils peuvent être des virus, des bactéries, des protéines… bref, tout ce qui n'appartient pas à notre corps à nous. En réalité, ils sont reconnus parce qu'ils portent à leur surface des molécules (souvent des protéines ou des sucres) qui les classent automatiquement dans la catégorie des bêtes-et-méchants-à-anéantir.
 
Lorsqu'un Ac se fixe sur des Ag il se forme un complexe Ac/Ag.
 
 
Et maintenant, pour comprendre les tests qui seront décris plus bas, on va corser un peu.
Prenez un anticorps d'humain, et injectez le dans une chèvre (ou un cochon, dromadaire, hamster, bref, dans un animal).
 
 
 
Notre brave anticorps, qui avait le rôle du gentil dans son organisme humain, devient un danger pour la chèvre ! C'est normal, pour elle c'est un corps étranger. Elle va donc former, en réaction, des anticorps...anti-anticorps humains !
 
 
 
On obtient ainsi une classification des anticorps :
- les anticorps primaires (Ac I), ils reconnaissent des antigènes
- les anticorps secondaires (Ac II), qui reconnaissent d'autres anticorps
 
En général, les anticorps secondaires sont couplés à quelque chose qui va permettre d'identifier leur présence : une bille d'or, une molécule fluorescente... Pour les tests décrits ici, nous utiliserons des AcII couplés à une molécule qui se colore lorsque l'on ajoute un certain produit.
Cela commence à faire du monde dans notre histoire, mais c'est en réalité très pratique : cela permet d'identifier, à l'oeil nu, la présence d'anticorps secondaires. Si l'on veut affiner, on peut même faire ce que l'on appelle une spectrophotométrie, grâce un appareil qui quantifie précisément l'intensité de la coloration.
Logo astuce

Pourquoi ne pas marquer directement les AcI ?
Il s'agit tout simplement d'une question d'économie : vous vous rapellez que les anticorps sont tous différents, car ils sont spécialisés pour ne reconnaitre qu'un seul antigène. Or, fabriquer des anticorps marqués est assez complexe et donc cher.  Vous imaginez donc la difficulté et le prix pour marquer chaque type d'anticorps ! En utilisant des Anticorps secondaires on se simplifie la vie :  "il  suffit" d'achèter un lot d'Anticorps marqués, pourquoi pas de chèvre pour reprendre notre exemple, qui vont systématiquement réagir contre tout anticorps humains. En bref, il suffit d'utiliser des Ac provenant d'une espèce différente, de les marquer, et on obtient un révélateur polyvalent et pratique.

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Test ELISA

Tout comprendre sur le test E.L.I.S.A, première étape du dépistage du Sida et plus généralement une méthode de mise en évidence d'antigènes ou d'anticorps.
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Test de confirmation : Western Blot

Test de confirmation en cas de doute sur la séropositivité, qui utilise la reconnaissance spécifique de protéines après une migration par électrophorèse.
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